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Un citoyen avertit que le galamsey menace la filière cacaoyère et exhorte à faire respecter la nouvelle loi de protection

Un commentaire publié par Graphic Online appelle à placer la protection des exploitations cacaoyères du Ghana au cœur de la lutte contre l'orpaillage illégal, avertissant que la destruction des terres de culture menace l'économie et l'environnement au-delà de la valeur de l'or. La tribune, signée par Benjamin...

Publié le 5 min de lecture

Un commentaire publié par Graphic Online a appelé à placer la protection des exploitations cacaoyères ghanéennes au centre de la lutte nationale contre l'orpaillage illégal, avertissant que la destruction des terres de culture du cacao représente une menace économique et environnementale qui l'emporte sur la valeur immédiate de l'or extrait.

La tribune, rédigée par Benjamin Teye Larweh et publiée le 24 octobre 2026, soutient que, tandis que le gouvernement poursuit la formalisation des mineurs artisanaux et à petite échelle éligibles, un principe non négociable doit guider l'action publique : aucune activité économique ne doit être autorisée à détruire les actifs agricoles et les écosystèmes dont dépend la prospérité à long terme du pays.

Une nouvelle loi fournit une base juridique

Le commentaire ancre son argumentation dans la loi de 2026 sur le Conseil du cacao du Ghana (Ghana Cocoa Board Act, 2026, loi 1182), que le président John Dramani Mahama a promulguée le 26 août 2026. Cette loi désigne l'ensemble des fermes cacaoyères comme des terres protégées, qu'il s'agisse de propriétés coutumières (« stool » ou « skin »), familiales, privées ou publiques. Elle interdit les activités extractives ou perturbatrices pour l'environnement dans un rayon de 500 mètres autour d'une exploitation cacaoyère protégée, et prévoit des peines de 10 à 20 ans d'emprisonnement en cas d'exploitation minière illégale sur des terres cacaoyères, ainsi que des sanctions financières calculées en fonction des arbres détruits.

M. Larweh soutient que la zone tampon de 500 mètres est essentielle car les risques liés à l'exploitation minière ne se limitent pas à l'emplacement précis de l'excavation. Les excavations, l'érosion, la modification du drainage et la contamination potentielle peuvent affecter les fermes et les communautés voisines, ce qui signifie qu'une ferme protégée ne doit pas exister seulement sur le papier.

Ampleur de la destruction

Les avertissements du commentaire interviennent dans un contexte de preuves croissantes des ravages du « galamsey » (orpaillage illégal) sur le secteur cacaotier. En juillet 2026, Samuel Asuman, directeur régional de la division de la santé et de la vulgarisation du cacao pour la région Sud-Ouest du COCOBOD, a indiqué que l'exploitation minière illégale avait détruit plus de 100 000 acres de plantations de cacao à haut rendement dans les régions Ashanti, Occidentale et Centrale, avertissant qu'en l'absence d'intervention, la filière risquait l'effondrement. Cette incursion s'est concentrée dans des zones où le COCOBOD avait précédemment investi dans la réhabilitation, aggravant les pertes au-delà de la seule superficie défrichée.

La production nationale de cacao du Ghana pour la campagne 2025-2026 a été estimée à environ 650 000 tonnes, en net recul par rapport aux 1 047 385 tonnes enregistrées en 2021. Le directeur général du COCOBOD, le Dr Randy Abbey, a reconnu que la baisse de la production était liée à des épidémies, à l'orpaillage illégal, à des conditions météorologiques défavorables et à des contraintes de financement.

Le débat sur la formalisation s'intensifie

Le commentaire intervient également dans la controverse en cours concernant les déclarations du PDG de GoldBod, Sammy Gyamfi, sur la formalisation des mineurs non autorisés. Une vidéo virale sur les réseaux sociaux a suscité des accusations selon lesquelles M. Gyamfi aurait approuvé le galamsey, des allégations que GoldBod a fermement rejetées, qualifiant les images d'éditées de manière sélective et tirées d'une rencontre avec des mineurs en mars 2026.

M. Larweh soutient que la formalisation ne doit jamais être confondue avec l'autorisation d'exploiter une mine partout où un opérateur le choisit. « Une exploitation non autorisée ne devient pas légale simplement parce qu'elle est économiquement avantageuse ou située en dehors d'une réserve forestière ou d'un cours d'eau », écrit-il, ajoutant que l'éligibilité à la formalisation doit être évaluée dans le cadre juridique applicable, y compris les restrictions régissant les exploitations cacaoyères protégées.

L'Association nationale des petits mineurs du Ghana a également défendu M. Gyamfi, affirmant que ses propos concernaient l'enregistrement et la régularisation des mineurs non autorisés éligibles dont les activités n'affectent pas les cours d'eau, les réserves forestières, les routes ou d'autres zones réglementées.

Trois priorités d'application

Le commentaire propose trois priorités de mise en œuvre. Premièrement, le Ghana devrait tirer parti du Système de gestion du cacao (CMS) existant pour élaborer un registre officiel et géoréférencé des exploitations cacaoyères protégées, permettant aux régulateurs d'identifier les zones interdites et de vérifier le respect de la zone tampon prescrite. Deuxièmement, l'application de la loi doit être cohérente et fondée sur des faits, les responsables de l'orpaillage illégal devant rendre des comptes indépendamment de leurs relations politiques ou de leur influence financière. Troisièmement, le COCOBOD devrait renforcer la viabilité économique de la culture du cacao grâce à un meilleur accès aux intrants, aux services de vulgarisation, à la réhabilitation des fermes et à un soutien efficace aux agriculteurs.

Un intérêt national au-delà de la politique

M. Larweh soutient que la protection des fermes cacaoyères ne doit pas devenir une victime supplémentaire des désaccords politiques. Selon lui, le Ghana doit démontrer aux acheteurs internationaux de cacao, aux transformateurs et aux partenaires au développement qu'il est déterminé à préserver les terres et les communautés qui soutiennent son industrie cacaoyère.

« Le choix n'est pas entre l'or et le cacao », écrit-il. « Il est entre un modèle de développement qui respecte les limites d'une activité économique licite et un modèle qui permet à des gains commerciaux immédiats de compromettre la prospérité nationale à long terme. »

Le commentaire conclut que si l'or gisant sous le sol ghanéen peut avoir de la valeur, il ne doit jamais devenir un prétexte pour détruire les fermes cacaoyères qui contribuent à faire vivre la nation.


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